thumbnail 1A son retour du "Tor des Géants" où  il fut contraint d'arrêter par décision médicale au 9/10ème de l'épreuve  ( plus de 280 kms accomplis sur les 330), Alain nous raconte sa semaine dans le Val d'Aoste et rend hommage à Julia, son épouse, qui l'a superbement encadré. Les raisons de l'arrêt, l'ambiance, ce qu'il en retient... est à découvrir dans l'interview ci-dessous...

 

 

Bonjour Alain… Alors champion, comment va après ton périple ?

Le dos reste très douloureux après le blocage … Je marche le corps penché très fortement à droite… mais cela devrait aller mieux dans deux ou trois jours. En fait,  ce genre de blocage m’arrive en moyenne deux fois par an… Pas de chance donc ici… car après

270 kms, je n’imaginais pas être atteint par ce mal et croyais pouvoir aller au bout… C’est frustrant de voir terminer d’autres qui étaient bien plus mal en point avant … 461 arrivées,  406 ont arrêté mais sont classés… je suis +/- 475… Vraiment dommage… Mais j’y retournerai. 

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C’était impossible pour toi de terminer…

Quand le service médical m’a imposé d’arrêter, ma première idée était de vouloir repartir… puis on m’a fait comprendre le danger… J’avais subi une infiltration… mais les effets se sont fait sentir quelques heures plus tard seulement. C’était plus responsable d’être sage.

Peux-tu nous décrire l’ambiance et les conditions de course?

Bien sûr, je suis déçu de ne pas avoir terminé pour toutes celles et ceux qui me suivaient. Je n’avais pas d’infos directes, mais Julia me rejoignait tout où elle le pouvait. Elle a joué un rôle essentiel en préparant mon sac, en soignant les pieds, en allant chercher à manger, etc. Elle a d’ailleurs roulé près de 900 kms…. Elle me disait aussi combien tous m’encourageaient… Mais ce qui m’a subjugué, c’est la beauté de la montagne et des couleurs du ciel à la tombée du jour ou à l’aurore. Il m’est arrivé plusieurs fois de m’arrêter et m’asseoir en restant béat d’admiration.

Les parcours étaient très bien balisés même si parfois il y a des choix à faire. Il ne suffit pas d’être fort physiquement, il faut aussi à certains moments faire preuve de lucidité et de témérité… Dans les « points survie »,  il était possible de dormir deux heures.  Les tables de ravitaillement étaient copieuses, mais au fur et à mesure de l’avancée de la semaine… j’avais envie d’autres aliments…et d’Orval.

Les sentiers étaient essentiellement pierreux et parfois dangereux en bord de falaises. La dernière partie avant mon arrêt était assez superbe avec des prairies d’alpages et les vaches.

Bien sûr, on rencontre d’autres participants et on noue des contacts… mais la majorité du temps, on est seul… D’où l’importance de Julia qui, je le répète, a joué un rôle primordial…

Que vas-tu retenir essentiellement… ?

Je retiens, outre la beauté des lieux,  la chaleur des bénévoles et l’accueil des gens du Val d'Aoste . Quelle organisation ! Et puis tous  les participants qui sont d'une humilité grandiose face à une telle épreuve, qu’on la termine ou pas …car c’est aussi une autre leçon pour moi : « Tant  que l'on ne voit pas la ligne d'arrivée, rien n'est certain… »

Et maintenant ?

(Sourire en coin) Je serai partant l’an prochain car je souhaiterai la terminer un jour… J’ai déjà 65 ans… Il va falloir m’activer. Pour le reste, repos… ( nouveau sourire)

Merci Alain…Je crois qu’il est sage de te reposer tout en murissant tes prochains projets...car il y en a plein la tête...nous le savons.

En tout cas, tu nous as fait rêver et pour nous, quand on a accompli 90% d’une telle épreuve, le respect et les félicitations admiratives s’imposent pour toi et pour Julia bien entendu.  Bonne récup… champion et bonne dégustation d’ "Orval » qui t’ont tant manqué.



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